GASPILLAGE ALIMENTAIRE : UN FLÉAU CONTEMPORAIN ?

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Crédit photo: Soo-ann-woon/ Pexels

Notre surproduction entraîne chaque jour de plus en plus de gaspillage alimentaire. Pour ainsi dire, son ampleur est stupéfiante. Aux États-Unis, environ 31 % de tous les aliments produits pour la consommation humaine sont gaspillés. Cela représente approximativement, 133 milliards de kilos de nourriture par an. À l’échelle mondiale, jusqu’à 50 % de toute la production alimentaire est produite sans être consommé. Si cette nourriture était récupérée et non gaspillée, elle pourrait nourrir l’équivalent de 1,26 milliard de personnes chaque année.

Les enjeux environnementaux du gaspillage alimentaire

Alors que l’écologie est au cœur des débats, le gaspillage alimentaire représente un problème mondial, certains des pires contrevenants étant les pays développés et les exploitations agricoles. Les aliments excédentaires sont déversés souvent dans des décharges, contaminant davantage les eaux souterraines et contribuant aux émissions de gaz à effet de serre. Le problème est plus profondément enraciné dans les relations de production qui régissent l’alimentation et l’agriculture. En France, les pertes représentent 10 millions de tonnes de produits par an, soit l’équivalent de 18 % de la production alimentaire nationale. L’étude de l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) révèle que les pertes et gaspillages sont les plus importants dans les phases de production et de consommation. De nombreuses variables affectent le système de production, mais cela est dû à la façon dont les relations économiques se construisent entre certains pays. Le faible coût de production d’un pays a beaucoup à voir avec le fait que les exportations de marchandises continuent de dépendre de la logique capitaliste. De plus, l’impact environnemental du gaspillage alimentaire s’accompagne d’une dégradation des ressources, notamment par un aménagement inutile de la terre. À cela, il faut aussi ajouter de multiples consommations d’eau, de carburant, d’engrais et de pesticides, sans oublier toute l’énergie nécessaire du cycle de production. Une étude de la FAO (Food and Agriculture Organisation) estime que les déchets alimentaires émettent annuellement 3,3 milliards de tonnes de dioxyde de carbone, soit plus du double des émissions de gaz à effet de serre des États-Unis et 24 fois celles de la France. Sans oublier les milliers d’animaux qui sont abattus chaque jour dans le monde, passant directement à la poubelle avant même d’atterrir dans nos assiettes. Pour les 22 000 tonnes de viande gaspillée, 127 millions de mètres cubes d’eau sont également perdus. Si cette tendance se poursuit, d’ici à 30 ans, l’élevage représentera à lui seul plus de 80 % des émissions mondiales. Il en va de même pour la pêche maritime en raison de l’importance des rejets en mer lors des captures indésirées. En aquaculture, les pertes liées aux produits rejetés et déclassés sont moindres, mais restent non négligeables.

Des initiatives de plus en plus nombreuses

Le gaspillage alimentaire est un scandale moral et social, car même si nous produisons suffisamment de nourriture pour répondre aux besoins énergétiques de chacun, la sécurité alimentaire de tous les peuples du monde n’est pas garantie. Le consumérisme a conduit à une abondance de nourriture et à un sentiment général d’excès. La question de savoir s’il faut manger moins ou de manière plus responsable fait encore débat. Pourtant, les solutions proposées au problème du gaspillage alimentaire sont aussi variées que les causes. Afin de mettre en place un cercle vertueux, il est nécessaire de viser des stratégies pour produire et consommer de manière durable.  Certains soutiennent que la solution est une réduction des aliments commercialisés en masse, axés sur les produits de base. D’autres suggèrent que les consommateurs devraient être informés de la façon dont leurs actions peuvent générer des déchets. Les produits glanés peuvent être auto-consommés, redistribués à l’aide alimentaire ou mis en vente sur un circuit commercial. Pour réduire le gaspillage alimentaire à la source, le transformateur peut travailler pour alléger les critères de calibrage des produits qu’il impose et qui lui sont imposés. L’Évolution de la législation, dite loi Garot, a prévu la « mise en place avant le 1er septembre 2016 d’une démarche contre le gaspillage alimentaire dans la restauration collective publique. » Parallèlement, un nombre croissant d’entrepreneurs ont développé des moyens comme des sites internet et des applications mobiles dans le but de contribuer également à la lutte contre le gaspillage alimentaire. Il est de plus en plus nécessaire de délivrer des gestes et techniques anti-gaspillage pour améliorer notre consommation. L’objectif est de dénoncer le scandale et d’exiger un mode de vie plus responsable.

Alors, levons nos fourchettes, arrêtons de gaspiller de la nourriture et changeons le monde une bouchée à la fois.

Sources : 

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