GUERRE EN UKRAINE : L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL

Char et débris pendant la guerre en Ukraine
Credit photo KATE KORENEVA| Motion array

La guerre en Ukraine fait chaque jour des victimes, mais l’environnement fait partie de celles qui souffrent en silence. Nous ne sommes pas des témoins directs de la guerre, mais nous n’en voyons pas la fin car il n’y a pas le moindre signe indiquant un cessez-le-feu. L’évaluation environnementale est peut-être prématurée, mais n’oublions pas que les effets des radiations de la Seconde Guerre mondiale sont encore frais dans la mémoire collective. Ce nouveau conflit retient de plus en plus l’attention des organisations œuvrant pour la protection de l’environnement. C’est notamment le cas de l’ONG Ukrainian Conservation Group (UNCG).

L’impact environnemental

Les effets dévastateurs de la guerre peuvent être regroupés en deux : les dommages directs et les dommages indirects. Les dommages directs comprennent la destruction de bâtiments et d’infrastructures, les pertes humaines et les coûts d’assistance médicale aux blessés. Les dommages indirects font référence aux ressources en eau, à l’érosion des sols, à la contamination par des matériaux d’armes nucléaires et chimiques, etc.

L’Ukraine possède de nombreuses industries. Leur destruction pollue l’air, l’eau et le sol par des substances toxiques.  Les incendies et effondrements de bâtiments font planer des menaces sur le plan sanitaire. Les frappes destructrices et véhicules de guerre causent l’émission de métaux lourds et de gaz à effet de serre. De sérieux risques accrus de cancers et de maladies respiratoires sont également à craindre.

De plus, si la centrale électrique est attaquée, les actions du président russe entraîneront une énorme augmentation de la quantité de déchets. Les risques restent imminents, comme en témoigne l’incendie de la centrale nucléaire de Zaporijjia le 4 mars 2022. En effet, la destruction de ces centrales nucléaires entraînerait une grave exposition aux radiations. Cela conduira également à la dégradation des sols, à la destruction des écosystèmes et de la biodiversité.

En six mois, la Russie a perdu 5 420 véhicules militaires au cours de la guerre, selon l’armée américaine. Les débris de construction, les déchets ménagers et médicaux non collectés apporteront leur lot de préoccupations environnementales. Certains d’entre eux contiennent de l’amiante, des biphényles polychlorés (PCB) et des métaux lourds. Leur manipulation, leur transport et leur élimination nécessitent des procédures spécifiques. Les espaces protégés et les forêts ne seront pas en reste. Leur destruction aurait un impact considérable sur le réchauffement climatique dans ce pays et au-delà des frontières.

À l’aube d’une crise humanitaire

Selon l’OECD (Organisation for Economic Co-operation and Development), « en raison des dommages causés aux infrastructures d’approvisionnement en eau, on estime que 1.4 million d’Ukrainiens sont actuellement totalement privés d’eau potable et que 4.6 millions d’autres n’y ont accès que de façon restreinte ». Une grande crise humanitaire est inévitable.

Une catastrophe écologique et sanitaire menace le monde à travers l’Ukraine. La santé environnementale est menacée. La disparition temporaire de la surveillance environnementale sur le terrain, associée à la désinformation, affaiblit fortement les capacités à comprendre et à limiter les dégâts sur l’environnement. Outre la catastrophe environnementale, il faut également envisager une probable catastrophe industrielle. Elle est à envisager au-delà des frontières ukrainiennes en commençant par la Russie, la Biélorussie, la Moldavie et une large partie de l’Europe de l’Est.

Reconstruire ce pays après le conflit sera une tâche monumentale, impliquant un effort global, bien coordonné et solidement financé.

L’Ukraine a prévu un plan de redressement et de développement d’après-conflit. Ce plan est conforme aux principes de l’économie verte et du développement à faibles émissions. Selon l’OECD, cinq domaines prioritaires doivent être déployés : « Il s’agit de la réforme de l’administration publique en charge de l’environnement ; la politique d’atténuation et d’adaptation au changement climatique ; la sécurité environnementale et la gestion efficace des déchets ; l’utilisation durable des ressources naturelles ; et la conservation des écosystèmes naturels, la préservation de la diversité biologique et la restauration, et le développement des zones protégées ».

Il est urgent que ce plan soit soutenu pour éviter une catastrophe environnementale pour les générations futures et ainsi prévenir un potentiel écocide.

Sources :

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